lundi, août 14, 2006

Itinéraire



1: Hong Kong







2:Guilin








3: Yangshuo








4:Nanning
5: Kunming







6: Jianshui








7: Yuanyang








8: Dali








9: Lijiang








10: Gorges du Saut du Tigre








11: Zhongdian








12: Lhassa








13: Jeep trip in tibet








14: Lhassa - Beijing by train






15: Beijing

samedi, août 12, 2006

En guise de conclusion : voyage et rencontres

Dernier post pour ma part!

Au lendemain de mon retour à Paris, en dégustant un croissant, un pain au chocolat et une baguette...

Voyage et rencontres.

Un petit hommage à tous ces gens qu'on croise sur la route, et qui font également la saveur d'un voyage.

Il y a ...

Les autres routards.
On les reconnaît, ils sont blancs le plus souvent, ont un sac à dos devant, un sac à dos derrière, atendent à la gare routière ou fréquentent les mêmes guest houses. Comme mon coureur cycliste amateur canadien, prof, voyageant seul, qui m'explique à Lijiang la difficulté du cyclisme. Il me parle du Tour de France, puis pêle-mêle, de Zidane, de la deuxième mi-temps de la finale pendant laquelle les Français ont largement dominé... Et me propose la mise en place d'un carton rouge pour les provocateurs, arbitrage vidéo à l'appui. D'accord!

A Lhassa, temple de Ramoche, cet autre prof solitaire (décidément), californien, un peu zarbi, mais ayant envie de discuter, qui fait le choix de ne pas prendre de photos de voyage, mais de prendre des notes sur un carnet, à vif, pour décrire ce qu'il voit et apprendre à regarder vraiment. Séduisant. Des propos un peu cosmique sur la raison de notre rencontre ce jour-là : ayant appris que mon grand-père et moi étions médecins (presque), me recommander d'aller le voir, de parler de médecine avec lui, en enregistrant sur une cassette. Tape record it! You promise me ? J'ai promis... Dernière question subsidiaire : so... what did this trip bring you ? Une grosse question que je me posais le jour-même. Zarbi, mais j'aime bien les zarbis.

Dans un resto de Lhassa, on partage une table avec des Chinois de 30 ans. Ils sont venus en voiture depuis Pékin! 4000 kilomètres. Rare. Celui qui parle Anglais est businessman pour les duvets Dodo, et est venu négocier à Paris pas plus tard qu'en février. Il a fait une ballade entre la tour Eiffel et le musée d'Orsay. Bref, un amoureux des longues distances...

Dans le Lhassa - Beijing, les touristes chinois venus passer leurs vacances au Tibet. Une apprentie photographe de 20 ans, hyper fashion, rapidement surnommée la Top Modèle. Les deux jeunes qui se vidaient une Absolut Vodka Vanilla à minuit dans le couloir, super sympas, qui ébahis devant notre jeu de tarot auquel nous avions joué l'après-midi, m'ont montré un jeu de carte chinois qu'à l'évidence nous ne connaissions pas : alors le roi est plus fort que la reine, plus forte que le valet, le 10, 9 etc. J'ai fait mine de découvrir ces cartes si différentes des notres :) . Mais l'Absolut Vanilla c'est bon! A consommer avec modération, pas comme son propriétaire, dont la fontaine de vomis depuis la couchette du haut m'a réveillé à 3 heures du matin... Ca n'avait l'air de ne gêner personne.

A Dali, cette chinoise qui l'air mystérieux s'approche de nous la nuit tombée, et après un coup d'oeil panoramique furtif, bondit vers nos oreilles et chuchote avec sa voix rauque à la Gollum "You wanna smoke... ganja ?". On en sursaute trois fois dans la même soirée. Arnaud en a fait des cauchemars...

Au monastère de Drepung près de Lhassa, vers l'heure de la fermeture, ce moine de 24 ans qui m'invite à partager la soupe avec la dizaine de ses congénères. 6 ans de philosophie derrière lui. Bientôt le retour dans son monastère d'origine à l'ouest du Tibet. Li-dje.

Au resto de Zhongdian, les Français de la table d'à côté qui partent en fou rire en gouttant le fromage de chève au beurre de yak, un truc infame qu'ils nous ont fait goûter... Merci! En échange, notre yak momo, une espèce de ravioli chinois version farineuse bouraffe. De rien...

Pendant les trois jours de jeep au Tibet, les deux catalans de Barcelone, Manu et Eva. La galère partagée... Une partie d'ascenceur mémorable, puis de tarot. Au retour, la négociation âpre avec le responsable de l'agence de voyage qui nous avait refilé la jeep pourrie. On a récupéré la moitié de la mise!

Le tchèque croisé à Lhassa devant une Lhassa beer, un an déjà de voyage derrière lui, compte rentrer au pays via l'Inde, le Pakistan et l'Iran. Comparaison des bières locales à la Pilsner Urquell. Lueur d'intérêt passagère.

A Hong Kong, le dîner expat avec les amis d'Arnaud dans une excellente rôtisserie d'Elgin street. Que ce bon steak sans riz allait nous manquer... La mère d'Alexandre, présente, qui se trouve être la collègue de la maman de Delph...

Notre petite guide de Yangshuo, Jiao Wei, qui nous a appris à dire c'est beau en chinois et faire rire beaucoup de monde par la suite. Piao lian!

Margot et Vincent avec qui on a passé quelques jours en début de trajet. Bonne surprise organisée quasiment la veille du départ à Laënnec...

Et bien entendu Caro, Delphine et Arnaud, et on ne s'est même pas tapé dessus. Et les commentateurs du blog... Merci à tous!

Et soi-même, hors du quotidien.

jeudi, août 10, 2006

7 - 10 aout :Beijing

Nous voila a Beijing. Caro va bientot finir de vous raconter l'episode dans la steppe, et enchainer sur le trajet depuis Lhassa. et Nono des photos!

Alors... pekin...

C'est une ville fatigante! Je pensais etre booste par notre dopage EPO legal et naturel a 4000 metres, mais voila qu'a l'arrivee la chaleur, et surtout, l'humidite ambiante ont raison de mon energie. Un petit somme improvise sous le pavillon de la double longevite me requinque pour un temps!

Premier jour, temple du ciel. Nous voila enfin devant une architecture fine d'envergure imperiale. On pourra discuter longtemps de la qualite des renovations des monuments chinois... Le flambant neuf du "Temple de la priere pour la bonne moisson" tout juste sorti de son echafaudage ne gache en tout cas pas le batiment. En revanche, on ne pourra pas discuter de la qualite des audioguides mis a la disposition du touriste, qui, interactifs, pourront vous poser des questions comme " A quoi servait le temple de la priere pour la bonne moisson ?", texto, et repondre, "non pas, comme on pourrait le croire, a prier le ciel (il se trouve dans l'ensemble nomme temple du ciel), mais a prier pour une bonne moisson"! Ah bon ?

On s'etonne quand meme des panneaux d'information des musees lateraux, qui viennent egalement d'etre faits, mais sont bourres de fautes d'orthographe. Certes ils ont le merite d'exister, mais est-ce si complique, dans la capitale de la Chine, de faire corriger un texte par un anglophone ??

Le texte en question contient une propagande etonnante, affirmant la fondation de la republique populaire de Chine en 1912, occultant 30 a 40 ans de republique nationaliste... Temps troubles certes.

Suite de la journee par du shopping varie et un repas gargantuesque dans un resto chic de la ville (pourtant categorie moyenne du "Ou manger?" du routard...). Canard laque excellent!

Deuxieme jour, levee aux aurores pour partir sur la Grande Muraille. Superbe journee! Nous sommes alle a JingShanLin en car (3 heures, dont 2 de tissu urbain continu). De la, 10 km de marche sur la muraille pour rejoindre Simatai. Il s'agit d'une portion de muraille eloignee de Pekin, isolee du flot de touriste qui se masse a Badaling, grand complexe avec telepherique et pop corn a 30 minutes du centre.

Effectivement, quasiment personne sur notre parcours, en dehors des vendeurs a la sauvette, qui ont failli rendre folle Caroline a force de "Icy water!!!!!!!!" hurle a chaque tourelle de la muraille. Ou plutot "Izy woteuh".

La Grande Muraille, comme nous l'a fait preciser Arnaud, n'est pas haute, mais longue. De veritables montagnes russes qui rendent la marche physique. Les creneaux ne sont pas en marche d'escalier mais suivent la pente, et c'est a mon avis de la que vient le charme ineffable de la muraille. Un serpent... Montagnes embrumees en degrades de gris au loin...

Troisieme jour, la cite interdite. C'est beau, assez grand sans etre gigantesque, mais il est bien difficile de faire abstraction des masses de touriste, essentiellement chinois. Sincerement, ils sont usants. On retrouve les drapeaux de Lijiang dresses par des guides a megaphone qui hurlent litteralement. On arrive a les semer en quittant les allees principales. Un element franchement choquant, la nullite de la presentation des interieurs des salles. Acces interdit, vue depuis l'exterieur a travers des vitres couvertes de gras, d'empreinte de doigts et de poussiere, l'interieur mal voire pas eclaire, on plisse des yeux, on apercoit un divan d'empereur crasseux, et on cede a la foule des ebahis (? ou pas d'ailleurs, plutot des promeneurs d'ecrans numeriques) qui font violemment des coudes pour acceder a la "vue".

Dans les petits musees lateraux, belle collection de terres cuites Tang qui me font penser au cadeau d'anniversaire qu'on vient de faire aux parents. Si jolies.

Apres la cite interdite, sortie sur la place Tienanman. Batiments, paves communistes sur une place immense. Ou donc etaient cet etudiant et ce tank arrete ? Mao en immense. Mac Do au fond, et on y va, et na!


Attention, le gang des casquettes oranges chargent par la gauche, drapeau en tete. Vite la photo !



Aujourd'hui, Palais d'ete, a 2h du centre. Visite du metro de Beijing, des gens vont travailler... Temps pourri, puree de pois londonnienne mais chaleur de boeuf, on perle. Et rebelotte, foule interminable et grotesque de touristes dans un palais qui y perd sa saveur. J'etais bien incapable de faire abstraction. Trop de bruit.

Cet aprem, shopping dans un grand mall de Xiadan Jie pres de Tienanmen. Tres sympa! On aura fait les soldes a Pekin, la classe... :) Au dernier etage une immense cantine comme j'ai pu en voir a Bangkok : des dizaines de stands vendent de la bouffe tout autour d'un espace de tables et chaises, on credite une carte a l'entree et on prend ce qu'on veut. Dans les autres etages de cet immense complexe, du vrai, du faux, des breloques, du hi-tech... On achete!

Voila tout... Demain decollage 10h10 du matin, arrivee Roissy a 14h40... A bon entendeur ;)

mercredi, août 09, 2006

L'usage du monde

Quelques citations... comme promis.

Evidemment le voyage de Nicolas Bouvier avec son ami Thierry Vernet n'a rien a voir avec le notre, suisse-inde en voiture, pas la meme epoque, 1953-1954, pas la meme duree, presque 2 ans, pas la meme philosophie, budget emporte pour 4 mois seulement, mais ce livre m'a accompagne pendant le mois chinois.

Et m'a beaucoup plu!

" La vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir."

" Un jour, j'y retournerai, a cheval sur un balais, s'il le faut."

" Moi avant tout, c'est la gaiete qui m'en impose."

" Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas a prouver qu'il se suffit a lui-meme. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientot c'est le voyage qui vous fait ou vous defait."

" C'est une question d'echelle, dans un pays de cette taille, meme un cavalier lance a fond de train aurait l'air d'un faineant." Etonnament adapte a notre panne au milieu de la steppe tibetaine...

" C'est le meilleur moyen de durer, et si ingrate que soit la vie, cette perspective a toujours de l'attrait."

" Pour une raison ou une autre, il peut arriver qu'on arrete la voiture et qu'on finisse la nuit dehors.(... suit un superbe paragraphe sur la nuit au chaud a boire du the et fumer et regarder les etoiles et converser brievement) . Finalement, ce qui constitue l'ossature de l'existence, ce n'est ni la famille, ni la carriere. ni ce que d'autres diront ou penseront de vous, mais quelques instants de cette nature, souleves par une levitation plus sereine encore que celle de l'amour, et que la vie nous distribue avec une parcimonie a la mesure de notre faible coeur."

Devant un autre moment magique, paysage magnifique :
" Ce jour-la, j'ai bien cru tenir quelque chose et que ma vie s'en trouverait changee. Mais rien de cette nature n'est definitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prete ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espece d'insuffisance centrale de l'ame qu'il faut bien apprendre a cotoyer, a combattre, et qui, paradoxalement, est peut-etre notre moteur le plus sur."

vendredi, août 04, 2006

5 aout : depart du Lhassa - Beijing !

Demain, depart pour 48 heures de train couchette, hard sleeper.

Nous nous lancons dans le lhassa pekin, ce nouveau train hi tech d'apres la propagande, qui franchit plusieurs cols a 5000m! Nous avons pu admirer une partie du trace en revenant de notre expedition au lac Nam Tso (cf post de Caro sur notre trip en jeep hi tech d'apres la propagande de l'agence de voyage).

Encore une fois, un vrai roman policier pour obtenir les billets...

Kunming : Mr Chen's office. "Hello I'm Mr Chen". Coup de fil a un ami a lhassa. "They will try and have the tickets tomorrow. I'll write an email."

Pas de nouvelles.

Kunming, retour des rizieres de Yuanyang: "They couldn't get the tickets. only ten days before departure. Give me 600 yuans each, in advance. I return everything if i don't get the tickets." Frissons dans le dos. " You go to my branch office in Zhongdian to pay the rest and get your flight tickets." On ne repasse plus par Kunming...

On se lance, c'est quand meme Mr Chen, cite dans le rough guide et le LP.

Une hesitation seulement : " Your branch office ? Is it easy to find ? "

Que n'avais-je pas dit!!!! "Everrrrrrrrrryooooooooooone knows my branch office. Come on!"

On part a Dali, Lijiang... Enfin un mail. "We have your tickets."

A Zhongdian, visite a Mr Huang, branch office of mr chen. "Began errr english err six err months errrrrrr ago". Rassurant. Il faut savoir que le bureau de Mr Chen et ses branch office sont situees a l'etage dans des chambres d'hotel...

Mais nos billets d'avion sont la. et le train ? on aligne les billets de 100 yuans (somme totale 3000 yuans chacun). "errrr contact in lhassa errrrr Mr Xu, in FIT". Et d'ecrire sur une feuille volante en chinois l'adresse de mr hu. un hotel aussi, mais on ne le saura que plus tard. Mr huang nous gratifie d'un morceau de papier carbone mentionnant les billets de train. notre recu.

Vaille que vaille... Lhassa. On se rend au FIT, l'agence officielle de voyage du tibet. On montre le sesame chinois. "Mr Xu ? He's not here today. Tomorrow, yes. Next office. Not this one, but we work together..." bien...

Le lendemain, au bureau voisin : "There is no Mr Xu here. Who told that ?". On explique, on montre le sesame. "But it's written Red Mountain Hotel!! Not here! near Potala.". Merci, au revoir, direction potala. Un doute s'imisce dans notre esprit...

Enfin, au Red Mountain, apres avoir demande a la reception de trois batiments, une hotesse appelle au numero qui figure sur le papier. "Please sit". On se retrouve sur la banquette d'un hotel de luxe, a attendre la venue de MrXu... Longues minutes...

Et il arrive, chetif, en costume. Coup de fil a un ami. "errr, the man zho bought the ticket is sick, we have to find the keys of his house and bring the tickets here". Genial... Une femme en lunette noire, vraie James Bond Girl arrive, prend le message de Mr Xu, repart sans un oeil pour nous. Pendant une heure, Mr Xu, agent de voyage, nous explique qu'il n'y a pas vraiment de beaux paysages pres de Lhassa, que ca va etre difficile d'avoir des billets pour le Potala. Grosse ambiance...

Une heure apres, Miss James Bond Girl revient, remet des billets a MrXu, s'en va sans un mot. Elle n'a pas enleve ses lunettes. Je cherche vaguement un calibre qui depasserait de sa jupe... Non.

ON LES A!!!!!

Pourquoi Mr Huang a t il mentionne le FIT en marquant en chinois le Red Mountain Hotel ?

Pourquoi le premier contact au FIT ne nous a pas dit que l'adresse ecrite en chinois etait le REd Mountain Hotel ?

Pourquoi une James Bond Girl aux lunettes noires ?

Autant de questions a ne pas poser...

Inde Chine Tibet pour le touriste

En deux mots...

J'ai ete etonne en Chine de la gentillesse des gens. Pas de tentative d'arnaque a la pelle, pas besoin de discuter dix heures le prix avec le taxi, les choses sont claires. Le plus souvent d'ailleurs il y a un compteur.

Beaucoup de bonne volonte! Par exemple, cette employee de grand magasin de Nanning, toute appretee dans son box parfumerie, qui nous accompagne jusqu'au cybercafe, a dix minutes de la! Ou telle cliente de fast food chinois qui nous traduit la carte. Ou la guichetiere des trains qui nous trouve la liaison Guilin Kunming...

En Inde, et surtout en Inde du Nord, que nenni.

Au Tibet, on se rapproche de l'Inde. Comme disait Caro, on est assailli par les mendiants, mais ils sont moins insistants que sur la peninsule. On se fait arnaquer a tout va, le taxi etc. Question de niveau de vie ? pas sur... le yunnan est il particulierement riche ??

Et il y a le cas obscur du Potala, le palais du Dalai Lama a Lhassa. Nous n'avons pas pu y aller!! Se procurer des billets est toute une gymnastique. Officiellement, entree a 100 yuans 10 euros, deja exorbitant. En realite, le pool de billet disponible pour une journee est toujours "sold out"... au profit des agences de voyage, qui les revendent au touriste. Bien entendu, le service rendu (on les remercie) justifie une commission de 100 a 200 % du prix!!! soit 200 a 300 yuans l'entree. Un scandale. Une fille que l'on a croisee nous a repondu mysterieusement qu'elle avait obtenu une entree au guichet officiel, "en connaissant les bonnes personnes au bon moment". Un vrai roman policier.

On peut donc ressentir une certaine amertume au Tibet. Ne pas se laisser bercer par la vision de la ville sainte du bouddhisme tibetain, haut lieu de spiritualite et d'elevation.

A lire dans le Monde d'aujourdhui 4 aout : Shangri La ou le Tibet des fantasmes, un article sur le mythe occidental du Tibet, ne d'un roman de James Hilton, Lost Horizons
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-801058,0.html

Un paragraphe de l'article:
"Depuis une décennie ou deux, le bouddhisme tibétain et les liftings sont chics, notamment à Hollywood. Recherche de repères spirituels et refus du vieillissement : l'équation qui assure le succès de Shangri La fonctionne mieux que jamais. Tous les Tibétains ne s'en satisfont pas. L'écrivain et intellectuel Jamyang Norbu se désole de cette image trop belle du Tibet, alliance de bonne conscience et de refus d'une réalité horrible : "Il y a une sorte de perception New Age du Tibet, l'idée que même l'Ouest matérialiste sera sauvé par la spiritualité des bouddhistes tibétains. C'est un total non-sens. Les Tibétains ne sont pas en position de sauver quiconque, et eux-mêmes encore moins." "

Le temple ou monastere bouddhiste tibetain

Bonjour a tous!

Je viens de faire de la pub (du spam ???) pour le blog en repondant a tous les destinataires d'un mail commun (je l'ai fait expres, bien sur), alors j'espere de nombreux commentaires de gens inattendus!

Introduction au monastere tibetain en general, tel que je l'ai vu au travers des temples et monasteres de Ramoche (lhassa), Jokhang (lhassa), Ganden, Katzel, Drigung Til, Reting et Drepung.

Un monastere tibetain, bien souvent, c'est deja un site naturel magnifique (enfin, au moins ceux qu'on visite!!!). En dehors de ceux dans lhassa meme (une ville gigantesque pas tres sympathique de 600 000 habitants), on s'est toujours retrouve devant un batiment accroche a flan de montagne (ganden, drigung til, reting, drepung). A Reting, le charme venait egalement de la foret de cypres centenaires qui dissimulait le batiment. Ca sent bon les cypres. Les batiments du monastere sont souvent blancs avec une frange rouge bordeaux en haut. Ils ont une forme bien caracteristique : la facade n'est pas rectangulaire, le sommet est plus fin que la base. Ca grandit.

Sur le toit, plat, s'elancent quelques objets dores : les deux biches de bouddha (il ne s'emmerde pas le coco), les cones porteurs de cloches... tout sera plus clair avec quelques photos. Bref, un monastere tibetain, ca brille au soleil.

Dedans, toute une atmosphere. Ambiance rouge et or. Ambiance sombre. Le temple est une salle plus ou moins carree. en entrant, on est en dessous d'une galerie qui fait le tour de la piece. On ne voit pas le plafond, cache par la galerie. la lumiere est en general laterale, ou provient de la galerie superieure. tout est enchevetrement. le centre est occupe par un damier de colonnes, qui multiplient les effets d'ombre. sur les cotes, des meubles en bois a vitrine contiennent des dizaines de statues a venerer. Tout est habille ici, encore plus qu'en Inde : les statues, mais aussi les colonnes, parees de tissus multicolores brodes de fils dores. Attention, ca n'est pas criard. D'ailleurs, le criard ne resisterait pas : l'air est gras et plein de la fumee des bougies de beurre de yak, qui noircit tout. Entre les colonnes, encore des obstacles a une vision degagee : de grands etendards peints de boudhas et autres disciples (bodhisattva pour les intimes, avalokitesvara, ca rappelle des choses a certains ;) ) pendent du plafond jusqu a 2 m du sol, et des especes de lampions de tissu.

Bilan : on ne voit de certaines statues immenses (plusieurs metres) que les pieds croises sur des lotus, jusqu'a s'en approcher a moins de deux metres. La contre plongee est decidement une saisissante demonstration de puissance et superiorite.

Etonnamment peut etre, le bouddhisme tibetain semble tres "idolatre". On voit bouddha, bouddha du present, bouddha du futur, bouddha illumine, boddhisatva de la compassion, de la sagesse, et une ribambelle de protecteurs qui ressemblent en fait a des monstres aux yeux exorbites. Tous ces etres superieurs ont leur code pictural, leurs attributs.

On a assiste aux rituels des fideles au temple de Jokhang a Lhassa, grand lieu saint s'il en est. Quand on est bouddhiste tibetain, avant d'entrer au temple, on achete un sachet de beurre de yak et on fait de la petite monnaie pour avoir autant de billets de un jiao (10 centimes d'euro) que possible. On sort eventuellement son moulin a priere, une sorte de hochet qui pivote circulairement. On peut avoir son chapelet en bois. Devant les statues, une salutation. Entre les statues, un marmonnement constant de phrases saintes (sutras). On pose un billet entre les doigts de la statue, ou sur la vitre de la vitrine, ou carrement on fait patafix avec du beurre de yak!! Dans le Jokhang qui est bonde, il y a une file constante de pelerins qui vont de chapelles en chapelles, sortes d'absides remplies de statues.

Tout ca dans une grosse chaleur humide et grasse.

Le plus beau dans ces temples, c'est la lueur des meches plantees dans de larges bols de cuivre remplis de beurre de yak, regulierement remplis par les pelerins. On se croit bien souvent devant un De La tour ou un rembrandt quand s'eclaire le visage ride d'une vieille femme qui verse son beurre fondu. Et l'odeur entetante du beurre de yak, si caracteristique des temples tibetains (du tibet en general?), devient agreable...

Et les moines me direz vous ? Ils sont la! Grandes toges rouges... On les a vu a l'oeuvre dans le temple de Ramoche, ou nous sommes tombes par hasard sur une ceremonie annuelle, parait il pour les defunts (rumeur des touristes presents). Tous assis, alignes sur leurs banquettes rouge a ras du sol, ils marmonnent leur chants, rythmiques, presque tribaux, tonalite gutturale.
alabidawaladibawalawalawala... est ce beau ? pas vraiment. mais c'est mystique. Deuxieme partie a l'exterieur du temple, pour un grand bucher d'offrandes diverses, bambou, orge, herbes odorantes, et... beurre de yak evidemment.

Voila l'essentiel.

Ensuite, on est etonne par le boucan que font les touristes chinois dans les temples, la complaisance des moines (en dehors des ceremonies) qui posent pour la photo moyennant quelques yuans donnes au temple. Mais est ce bien important ?

Caro trouve que ces monasteres manquent cruellement d'un esprit religieux. Justement a cause des touristes, du cote tres primitif des offrandes aux statues, des yuans a donner pour prendre des photos, des moines qui repondent en gueulant a leur telephone portable dans le temple... On capte tres bien au Tibet...

Derniere chose : dans ces monasteres, on voit beaucoup de choses, mais on ne comprend quasiment rien. D'apres le Rough Guide, bon nombre de pelerins ne comprennent pas non plus grand chose... Rassures ??


Sur chaque temple en particulier :
Ramoche (lhassa) : je me souviendrai surtout de la ceremonie aux morts
Jokhang (lhassa) : la foule pressee et sale de pelerins, les billets d'offrande qu'on fourre partout
Ganden: le site magnifique a 4500m, la montee sur la piste entre les paturages de yak et de moutons, la vue incroyable sur la region et le fleuve, turquoise
Katzel : petit monastere minus, juste pour voir a quoi ressemble un monastere de province
Drigung Til : la vue a 180 degres sur la vallee, le moine ermite qui nous montre sa chambre
Reting : la foret de cypres, les 4 rapaces magnifiques tourmoyant a une trentaine de metres
Drepung : la taille! le monastere-ville, avec ses ruelles, ses multiples temples, sa cuisine...


Ceremonie aux morts a Ramoche